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Astuce n° 3 pour muscler ton estime personnelle : apprends à bien échouer

L’échec est ton ami. Il ne te veut que du bien. Pff! Si on m’avait dit ça il y a encore quelques années, j’aurais éclaté de rire. L’échec, un ami, sérieux? Non. Moi, je voulais gagner. Être la meilleure. Tomber, ça fait trop mal. Il vaut mieux rester au sommet. Mais une montagne (comme celles que dessinent plutôt grossièrement mes enfants), c’est fait d’un tout petit pic... et de deux trèèèès longs côtés.


Dernièrement, j’ai terminé un livre excellent intitulé Les vertus de l’échec, écrit par Charles Pépin, un philosophe français. En plus de te prouver par A + B que l’échec est absolument INDISPENSABLE à ta réussite, quelle qu’elle soit, il illustre son propos d’un tas d’exemples qui m’ont laissée le cul par terre (pardonnez l’expression).

Parce que oui, je suis française. Et en France, l’échec est tabou.

Ce qui m’a marquée quand je suis arrivée en Amérique du Nord, c’est que les gens avaient tendance (et l’ont toujours) à faire ressortir le meilleur de toutes les situations, même les plus catastrophiques. Ça m’a ébranlée. Je n’étais pas habituée à cela. Moi, on m’a appris que tomber est une marque de faiblesse. « Si tu perds, t’es un loser! » Au pire, le montre pas et fais comme si de rien n’était. Super attitude! Ouais! Bravo, championne! Quand tu fais ça, tu passes à côté d’un truc super important : l’apprentissage.

Apprendre de ses échecs. Les voir comme des passages obligés pour progresser, aller plus loin. Ça a changé ma vie. Après ma déconvenue littéraire avec ma première trilogie – quand mon éditeur de l’époque m’a gentiment fait comprendre qu’il-ne-publierait-pas-le-dernier-tome-parce-que-les-ventes-ne-sont-pas-assez-bonnes-merci –, j’ai touché le fond. Voyons! Ça pouvait pas m’arriver à moi! J’étais poche à ce point? Mon roman était tellement nul que même mon éditeur n’y croyait plus. Au secouuuurs!

Pourtant, après avoir pleuré cent litres de larmes, j’ai retroussé mes manches et me suis remise au travail. À l’époque, je n’avais pas encore conscience de la nécessité presque vitale de cette expérience (que je ne considère plus comme un échec). Je ne voyais que mon amour-propre brisé. Mais sans ce passage désagréable de ma vie, je n’aurais peut-être jamais eu la niaque suffisante pour écrire ma trilogie suivante, B.O.A., celle qui m’a, à ce jour, le plus fait connaître.

Avec du recul, je comprends que j’ai instinctivement appris de cet « échec » pour aller plus loin. Je me suis surpassée. Et ça, beaucoup d’artistes, de sportifs ou encore de gens d’affaires l’ont compris. Le tennisman Stanislas Wawrinka (moins hotque Rafael, je sais, mais c’est pas le sujet, là!), par exemple, s’est fait tatouer sur l’avant-bras la citation de Samuel Beckett issue de la nouvelle Cap au pire : « Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better. » (« Déjà essayé. Déjà échoué. Peu importe. Essaie encore. Échoue encore. Échoue mieux. »)

Échoue mieux...Quel merveilleux message d’espoir à transmettre aux jeunes générations! L’erreur est effectivement la meilleure façon que l’être humain a trouvée pour apprendre. Sans elle, nos ancêtres n’auraient sans doute jamais compris comment faire du feu (ou des pets-de-sœur!). L’échec est d’ailleurs ce qui nous différencie des animaux. Dans la nature, tout est ordonné et parfaitement programmé. Le lionceau ne se dit pas : « Tiens, je me taperais bien un bol de houmous. » Non. Le lion sait, instinctivement, qu’il doit manger de la gazelle, et il n’ira pas chercher plus loin que ça. Mais nous, oui. On essaie. On échoue. On recommence. Et pendant ce temps-là, on évolue. D’ailleurs, mes enfants doivent être tannés de m’entendre dire qu’il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne commettent jamais d’erreurs. Maman radote, mais c’est pour votre bien!

Un jour, le basketteur le plus célèbre de notre univers a dit ceci : « J’ai raté 9 000 tirs dans ma carrière. J’ai perdu presque 300 matchs. 26 fois, on m’a fait confiance pour prendre le tir de la victoire et je l’ai manqué. J’ai échoué encore et encore dans ma vie. » Pourtant, Michael Jordan cumule tellement de titres NBA qu’on ne les compte plus. Mais quand il parle de son parcours, il relate autant ses échecs que ses succès, car il sait l’importance qu’il est essentiel de leur accorder. Ce sont ces erreurs, au moins autant que ses réussites, qui l’ont mené là où il est.

Donc, pour revenir à mon image de la montagne (je sais, c’est loin, un peu de concentration), on peut espérer un jour atteindre le sommet. C’est même souhaitable. La carotte au bout du bâton, dans un sens. Mais je crois qu’il ne faut pas s’arrêter à ça. Savourons le long chemin qui serpente sur le versant nord, celui qui nous conduit tout là-haut, semé d’embûches et de dangers. Et apprécions tout autant notre escapade sur le versant sud, celui qui nous ramène en bas et qui nous donne l’occasion de digérer nos dernières expériences, positives et négatives, avant d’attaquer autre chose.

Et retenons ceci : l’échec ne concerne pas notre personne, mais nos actes. L’enfant qui apprend à marcher et qui tombe n’est pas stupide. C’est sa technique qui n’est pas encore au point. D’ailleurs, il ne se dit pas : « Ah! que je suis pourri! J’abandonne! » Non, il persévérera jusqu’à savoir marcher correctement. Il en retirera, au bout du compte, une grande fierté.

Alors, la prochaine fois que tu rateras quelque chose, félicite-toi. C’est peut-être le début du succès! :)


À venir...

ASTUCE 4 : Félicite-toi

ASTUCE 5 : Sois toi-même (et seulement toi)


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